Par Marie-Hélène Audier (ACS Capdroits / Autisme sans frontière)
Le mardi 22 octobre s’est tenu le colloque, Lutter contre les maltraitances envers les adultes vulnérables – Enjeux et perspectives pour la recherche participative, organisé par la recherche Tact (Ifross / GHU), en lien notamment avec le programme AUVI.
Pour avoir participé depuis 2019 avec Alice Casagrande et d’autres personnes au COPIL de la recherche action : TACT, cette journée est importante. Elle a été l’occasion de faire un historique avec une partie des acteurs concernés par cette dynamique que je nomme : Ouvrir le sens de la parole dans la perspective d’écoute.
Parler d’un sujet tabou pour lui donner corps au sein de la société.
Depuis 5 ans, le contexte a évolué.
Une nouvelle définition légale de la maltraitance a été instaurée par la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 avec la création de l’article L119-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF).
« La maltraitance au sens du présent code vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations. »Tact a ouvert des portes, a mis à jour des intentions, suite à la loi « bien vieillir », nommer la maltraitance avec une véritable définition. Les actes ou non actes que chaque citoyen peut commettre sans s’en rendre compte. De « toutes et tous capable », il nous fait admettre que « toutes et tous vulnérables » est une réalité dans la vie de toute la société. La dimension de la perte de pouvoir d’agir des personnes est un des axes de cette maltraitance passive, masquée dans nos sociétés.
Les associations, les institutions , les professionnels se sont retrouvés en face à face avec la douleur collective. ATD quart monde raconte pourquoi les institutions dévalorisent les personnes , le paradoxe du constat que les institutions ne peuvent plus apporter l’aide nécessaire.Le handicap pose la question de la dépendance, de la posture de l’aidant envers l’aidé. Les usagers de santé sont aussi de personnes comme nous tous. La peur de demander de l’aide par manque de réponse adaptée.
La comparaison avec le Québec, pays qui a travaillé depuis plus de 30 ans sur la désinstitutionalisation, nous redonne de la perspective. La cause et la réponse doivent être en relation.Il y a une avancée mécanique de l’accès au droit commun. On constate que le traitement des alertes n’est que le reflet encore de grandes ignorances, les mécanismes sont les mêmes. La méfiance, la défiance, le manque de formation des professionnels, les usagers face aux contrôles permanents , la lourdeur administrative et numérique.
Cette journée trouve sa place au sein des travaux de la démarche Capdroits. Notre démarche est une réponse en elle même, de part sa méthodologie de collecte directe et permanente, de par son expérience de donner une place importante à la parole des personnes concernées. C’est ce temps de parole, cette expressivité qui fait de cette démarche un outil humain de réponse dans le cadre de ce sujet sur les maltraitances.

Merci à Marie-Hélène pour avoir partagé ce beau texte. Il serait temps que Capdroits se réveille, et prenne contact avec des structures qui peuvent apporter un éclairage complémentaire sur ce douloureux problème de la maltraitance, comme par exemple la fédération 3977 et Alma Paris.
Bonne journée amitiés. Dominique Cosnier