Capdroits à la Conférence nationale du handicap 2026 : un récit à plusieurs voix

Récit restitutif, par Florian Chaléard et Benoît Eyraud (5 septembre)

Les conférences nationales handicap sont l’événement le plus central des politiques publiques du handicap. Prévues par la loi du 5 mars 2005,  organisées tous les trois ans, elles constituent un moment d’affichage des orientations des politiques que devra mener le gouvernement pendant les trois prochaines années. La CNH doit « donner le ton », comme le dit un média présent.

Cette année, l’association CapDroits et le programme AUVI ont été reconnus dans leur apport à la réflexion nationale sur des enjeux de handicap. Sollicités pour animer un groupe de travail sur la protection juridique à la fin de l’automne 2025, Benoît Eyraud, en tant qu’universitaire, et Florian Chaléard, président de l’ACS Capdroits, ont participé à cette animation au cours de quelques séances qui ont eu lieu entre le mois de janvier et le mois de mai 2026. Leur animation s’est faite en résonnance avec le travail mené par l’association et notre communauté épistémique avec le livret « toutes et toutes capables ».

Le suivi du groupe de travail n’a pas été facile collectivement. Pour autant, celui-ci a été un lieu où de nombreuses idées ont été échangées (insérer un lien vers un partage). Le livret de l’ACS Capdroits a pu être diffusé, mais il n’a pas pu faire l’objet d’une mise en discussion. Un certain nombre d’orientations ont été définies. In fine, l’enjeu de soutien à la capacité juridique est apparu comme l’un des seize points mis en avant par les organisateurs de la CIH.   

Au mois de juin 2026, la conférence a été reportée en raison de la canicule. Elle s’est finalement tenue ce mois de septembre. Florian et Benoît y étaient présents, ainsi que Marie-Hélène Audier, au titre d’une autre association.

La conférence s’est tenue au Prisme, à Bobigny, dans un haut lieu des jeux olympiques et paralympiques.

Cette CNH 2026, la 7ème du genre, avait pour ambition de parler d’accessibilité, de passer d’une société inclusive à une société accessible, c’est-à-dire pleinement inclusive.

La matinée était animée par Théo Curin, ancien nageur handisport (il a été amputé de plusieurs membres), en compagnie de Laetitia Bernard et Virginie Dubost. 

Une salle pleine de personnes handicapées, de politiques, de professionnels, quelques jeunes, des acteurs du handicaps, le CNCPH et les hauts fonctionnaires.

Le CIH avec Céline Poulet.

Les ministres se succèdent pour exprimer ce qu’ils font.

Jeremie Boroy président du CNCPH exprime bien la volonté du CNCPH de rendre plus accessible la société.
Mr Macron est venu nous féliciter d’avoir bien travaillé.

Nous avons été déçus que l’enjeu de la protection juridique ne fasse pas l’objet d’une table-ronde, et n’ait pas été évoquée dans le discours du président de la république.

De manière informelle, l’ACS Capdroits, à travers son président, a pu échanger avec le président de la république  (insert. Photo) et lui faire part de l’importance de la question de l’éligibilité des personnes civilement protégées, ainsi que des dispositions de soutien à l’exercice des droits !

Les points développés que vous trouverez en replay sur le site du CNCPH sont déjà disponibles site du ministère des solidarités. https://handicap.gouv.fr/la-conference-nationale-du-handicap-cnh-2026

Nos attentes par rapport à cet événement varient ; pour l’un d’entre nous, une certaine fierté est ressentie que l’association soit reconnue par l’action publique ; et puis quand même, « Et bien oui, j’étais en vrai à la CNH comme prévu » ; un autre d’entre nous, qui a suivi en visio, a ressenti cette C.N.H, comme un « jour plein d’espoirs ».

Pour un autre, « la CNH est une vrai fumisterie politique » et précise, « je pense qu’il ne faut pas se fier au direct il faut se rendre sur les réseaux sociaux ou les paroles ne sont pas censurées et les journalistes indépendants donne un autre regard.

De nombreuses fédérations nationales montent au créneau.

Il faut pas se contenter d’une politique nationale mais allez vers un respect des politiques de CIDPH.

La CNH est un récital de mesurettes.

Il faut juste se dire que l’on les mêmes droits que des personnes ordinaires.

Toujours penser compensation et non capacité : quelle discrimination ! »

Pour une autre, qui se retrouve bien dans le terme de « fumisterie politique », il s’agit d’un événement « où il ne se passe jamais rien ».

Dans la presse, les retours sont divers. Le Monde a fait un article, titré « Emmanuel Macron dévoile des mesures pour « simplifier tous les gestes du quotidien », de l’école plus inclusive à l’emploi accompagné ».

Quelle vie inclusive quand les moyens nécessaires à l’autonomie, habitat adapté et services d’aide humaine ne sont pas assurés ? Quand les familles doivent garder leurs enfants qui n’ont de place nulle part et retourner aider les adultes qui n’ont plus de services ? On peut se demander comment se fera la mise en œuvre des mesures annoncées dans le contexte budgétaire actuel et le changement de gouvernement à venir.

Cap’lab Bordeaux : communication et liberté d’expression

3 journées intenses de réflexion, de partage et de co-construction autour d’un enjeu fondamental : « la liberté d’expression et de communication des personnes en situation de vulnérabilité »

Chercheurs, pairs aidant-es, professionnels, personnes concernées, proches et acteurs associatifs ont pu croiser leurs regards, leurs expériences et leurs savoirs dans un espace de dialogue particulièrement riche et stimulant.


Ces échanges ont permis d’aborder collectivement les enjeux de communication autour des situations de maltraitance, des droits fondamentaux, de la participation et de l’accessibilité de la parole.

Nous avons également eu la chance de découvrir le documentaire « Droit dans ses bottes », réalisé par Sofi Le Cavelier avec l’association la Question de l’Autre, Cap’droits.

Retour sur le colloque DGCS : 50 ans d’action publique sur le handicap

Copyright : Ministères sociaux/ DICOM /Niclo Revelli Beaumont / Sipa Press

À l’occasion des 50 ans d’action publique sur le handicap en France, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a organisé un colloque scientifique les 5 et 6 juin 2025, au ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.

Cet événement a réuni de nombreux acteurs engagés dans le champ du handicap, afin de réfléchir collectivement aux évolutions passées et de dessiner les perspectives futures des politiques publiques en la matière.

Parmi les interventions, des membres de la communauté de recherche AUVI ont présenté, à plusieurs voix, la démarche participative du projet. Cette prise de parole a permis de mettre en lumière la demarche de recherche inclusive, laquelle intègre au cœur du processus de production de savoirs des chercheurs, des personnes concernées et des professionnels.

À la suite de cette présentation, deux membres du projet AUVI ont participé à une table ronde sur les droits des personnes en situation de vulnérabilité :

  • Benoît Eyraud, maître de conférences en sociologie à l’Université Lyon 2, membre du Centre Max Weber (CNRS) et de l’association CapDroits,
  • ainsi que Florian Chaléard, président de CapDroits et membre du consortium AUVI.

Leurs échanges ont souligné l’importance de croiser les savoirs, reconnaître la légitimité des personnes concernées dans la production de connaissances, et de construire des politiques publiques avec elles, et non uniquement pour elles.