Journée AUVI du 11 septembre 2026 : croiser les savoirs pour faire vivre les droits

Le 11 septembre 2026, 30 personnes se sont réunies à la Maison des Sciences sociales et des Humanités à Lyon pour une nouvelle journée AUVI. Personnes concernées, chercheurs et partenaires ont partagé leurs expériences et leurs travaux, en présence de Benoît Eyraud, directeur scientifique du projet AUVI, et de Florian Chaléard, président de Capdroits.

Cette rencontre a notamment permis de découvrir les recherches de Simon Lemaire et de Manon Monvoisin, autour de deux questions : comment produire des connaissances ensemble et comment apprécier l’exercice réel des droits des personnes en situation de handicap ?

Des journées de dialogue au cœur du projet AUVI

Organisées chaque mois, les journées AUVI associent des présentations de travaux de recherche, internes ou externes au projet, et des ateliers de discussion. Elles permettent de confronter les analyses aux expériences vécues et de poursuivre collectivement les enquêtes engagées.

Ces échanges s’inscrivent dans le projet « Ancrer l’autonomie de vie. Une approche pragmatiste par les droits humains » et contribuent aux travaux qui nourriront le livrable attendu à l’issue des cinq années de recherche.

Simon Lemaire : enquêter et écrire avec Capdroits

Simon Lemaire lors de la journée AUVI du 11 septembre 2026.
Simon Lemaire lors de la journée AUVI du 11 septembre 2026.

Simon Lemaire, chercheur postdoctoral au Centre Max Weber, a présenté un article en cours de rédaction sur et avec Capdroits. Il y étudie la démarche comme une communauté scientifique et citoyenne enquêtant sur les droits des personnes en situation de handicap, en la mettant en dialogue avec le courant philosophique du pragmatisme américain.

Le texte revient sur l’histoire de Capdroits et plusieurs de ses valeurs structurantes : la présomption de capacité, l’attention portée aux situations ordinaires et l’articulation entre personnes concernées, professionnels et chercheurs.

Il s’appuie également sur une enquête menée par Capdroits sur sa propre gouvernance. Celle-ci interroge la manière dont ces principes prennent forme dans le fonctionnement du collectif. Elle met en évidence la diversité des façons de participer, les ajustements nécessaires pour enquêter ensemble, mais aussi les désaccords sur la manière de construire les connaissances. Ces divergences ne se répartissent pas nécessairement selon les trois profils d’expérience réunis par la démarche.

L’intervention a aussi ouvert une discussion sur les conditions concrètes de la co-écriture. Comment reconnaître et référencer les contributions de chacun ? Comment nommer et présenter justement les participants ? Comment conserver, documenter et anonymiser les paroles recueillies, les comptes rendus de réunions et les observations ?

Ces questions invitent à réfléchir aux outils documentaires et aux formes d’organisation nécessaires pour soutenir la coproduction des savoirs. L’enjeu est de conserver une mémoire des travaux et de permettre à l’écriture de prolonger l’enquête participative.

Manon Monvoisin : évaluer les droits à partir de leur mise en œuvre réelle

Manon Monvoisin lors de la journée AUVI du 11 septembre 2026.
Manon Monvoisin lors de la journée AUVI du 11 septembre 2026.

Doctorante en sociologie au LISE-Cnam depuis le 1er février 2026, Manon Monvoisin a présenté ses premiers travaux sur les indicateurs d’accessibilité de l’action publique. Sa recherche est supervisée par Serge Ebersold, sociologue et titulaire de la chaire Accessibilité du Cnam, et Benoît Eyraud, sociologue à l’Université Lumière Lyon 2 et directeur scientifique du projet AUVI.

Son travail interroge l’écart entre la reconnaissance juridique des droits des personnes handicapées et leur mise en œuvre dans la vie quotidienne.

L’analyse de rapports institutionnels français et européens fait apparaître un premier constat : les indicateurs portent davantage sur les dispositifs, les normes et les actions engagées par les pouvoirs publics que sur l’accès effectif aux droits et l’amélioration concrète des conditions de vie.

Cette recherche pose ainsi la question de ce que l’on mesure : comment apprécier les effets des politiques publiques à partir de l’expérience des personnes concernées ?

L’analyse documentaire sera approfondie et complétée par un protocole associant des méthodes quantitatives et qualitatives. Ces travaux contribueront à mieux évaluer l’effectivité des droits, c’est-à-dire la possibilité de les exercer réellement.

Poursuivre la recherche avec les personnes concernées

Les deux interventions ont mis en discussion des questions essentielles pour AUVI : la place de chacun dans la production des connaissances et l’attention portée à l’expérience concrète des droits. Les journées mensuelles permettent de poursuivre ces réflexions à travers le dialogue entre les différents participants.

Merci à l’ensemble des personnes présentes et aux partenaires mobilisés, notamment Ocellia, Handéo, l’Université Lumière Lyon 2, le Cnam et l’UDAF.

Le projet AUVI bénéficie d’un financement de l’Agence nationale de la recherche, dans le cadre de France 2030 et du Programme prioritaire de recherche Autonomie (PPR Autonomie).

Capdroits à la Conférence nationale du handicap 2026 : un récit à plusieurs voix

Récit restitutif, par Florian Chaléard et Benoît Eyraud (5 septembre)

Les conférences nationales handicap sont l’événement le plus central des politiques publiques du handicap. Prévues par la loi du 5 mars 2005,  organisées tous les trois ans, elles constituent un moment d’affichage des orientations des politiques que devra mener le gouvernement pendant les trois prochaines années. La CNH doit « donner le ton », comme le dit un média présent.

Cette année, l’association CapDroits et le programme AUVI ont été reconnus dans leur apport à la réflexion nationale sur des enjeux de handicap. Sollicités pour animer un groupe de travail sur la protection juridique à la fin de l’automne 2025, Benoît Eyraud, en tant qu’universitaire, et Florian Chaléard, président de l’ACS Capdroits, ont participé à cette animation au cours de quelques séances qui ont eu lieu entre le mois de janvier et le mois de mai 2026. Leur animation s’est faite en résonnance avec le travail mené par l’association et notre communauté épistémique avec le livret « toutes et toutes capables ».

Le suivi du groupe de travail n’a pas été facile collectivement. Pour autant, celui-ci a été un lieu où de nombreuses idées ont été échangées (insérer un lien vers un partage). Le livret de l’ACS Capdroits a pu être diffusé, mais il n’a pas pu faire l’objet d’une mise en discussion. Un certain nombre d’orientations ont été définies. In fine, l’enjeu de soutien à la capacité juridique est apparu comme l’un des seize points mis en avant par les organisateurs de la CIH.   

Au mois de juin 2026, la conférence a été reportée en raison de la canicule. Elle s’est finalement tenue ce mois de septembre. Florian et Benoît y étaient présents, ainsi que Marie-Hélène Audier, au titre d’une autre association.

La conférence s’est tenue au Prisme, à Bobigny, dans un haut lieu des jeux olympiques et paralympiques.

Cette CNH 2026, la 7ème du genre, avait pour ambition de parler d’accessibilité, de passer d’une société inclusive à une société accessible, c’est-à-dire pleinement inclusive.

La matinée était animée par Théo Curin, ancien nageur handisport (il a été amputé de plusieurs membres), en compagnie de Laetitia Bernard et Virginie Dubost. 

Une salle pleine de personnes handicapées, de politiques, de professionnels, quelques jeunes, des acteurs du handicaps, le CNCPH et les hauts fonctionnaires.

Le CIH avec Céline Poulet.

Les ministres se succèdent pour exprimer ce qu’ils font.

Jeremie Boroy président du CNCPH exprime bien la volonté du CNCPH de rendre plus accessible la société.
Mr Macron est venu nous féliciter d’avoir bien travaillé.

Nous avons été déçus que l’enjeu de la protection juridique ne fasse pas l’objet d’une table-ronde, et n’ait pas été évoquée dans le discours du président de la république.

De manière informelle, l’ACS Capdroits, à travers son président, a pu échanger avec le président de la république  (insert. Photo) et lui faire part de l’importance de la question de l’éligibilité des personnes civilement protégées, ainsi que des dispositions de soutien à l’exercice des droits !

Les points développés que vous trouverez en replay sur le site du CNCPH sont déjà disponibles site du ministère des solidarités. https://handicap.gouv.fr/la-conference-nationale-du-handicap-cnh-2026

Nos attentes par rapport à cet événement varient ; pour l’un d’entre nous, une certaine fierté est ressentie que l’association soit reconnue par l’action publique ; et puis quand même, « Et bien oui, j’étais en vrai à la CNH comme prévu » ; un autre d’entre nous, qui a suivi en visio, a ressenti cette C.N.H, comme un « jour plein d’espoirs ».

Pour un autre, « la CNH est une vrai fumisterie politique » et précise, « je pense qu’il ne faut pas se fier au direct il faut se rendre sur les réseaux sociaux ou les paroles ne sont pas censurées et les journalistes indépendants donne un autre regard.

De nombreuses fédérations nationales montent au créneau.

Il faut pas se contenter d’une politique nationale mais allez vers un respect des politiques de CIDPH.

La CNH est un récital de mesurettes.

Il faut juste se dire que l’on les mêmes droits que des personnes ordinaires.

Toujours penser compensation et non capacité : quelle discrimination ! »

Pour une autre, qui se retrouve bien dans le terme de « fumisterie politique », il s’agit d’un événement « où il ne se passe jamais rien ».

Dans la presse, les retours sont divers. Le Monde a fait un article, titré « Emmanuel Macron dévoile des mesures pour « simplifier tous les gestes du quotidien », de l’école plus inclusive à l’emploi accompagné ».

Quelle vie inclusive quand les moyens nécessaires à l’autonomie, habitat adapté et services d’aide humaine ne sont pas assurés ? Quand les familles doivent garder leurs enfants qui n’ont de place nulle part et retourner aider les adultes qui n’ont plus de services ? On peut se demander comment se fera la mise en œuvre des mesures annoncées dans le contexte budgétaire actuel et le changement de gouvernement à venir.

Affiche de la CONFCAP 2026

Texte alternatif de l’affiche

L’affiche concerne un événement les 21, 22 et 23 octobre 2026 à Océllia, 20 rue de la Claire à Lyon. La CONFCAP 2026 est une conférence internationale scientifique et citoyenne consacrée aux enjeux et aux perspectives de la participation politique et publique des personnes en situation de handicap. Cet événement se fait à l’occasion des 20 ans de la Convention Internationale relative au Droit des Personnes Handicapées (CIDPH).

Cette affiche est illustrée de plusieurs personnages et blocs de couleur sur fond blanc. La composition visuelle utilise principalement du bleu, du vert turquoise, du vert foncé, du rose et de l’orange, avec de grands textes blancs.

En haut à gauche, une grande femme de profil, aux cheveux bleu foncé, au visage orange et vêtue de turquoise et de bleu, tient une enveloppe rose contre elle et tend l’autre main vers une grande urne électorale bleue et turquoise située au centre. Une enveloppe rose et orange est en train d’être déposée dans l’urne. Sur le vêtement de la femme, un macaron rose indique : « La CIDPH fête ses 20 ans ! ». Elle porte des lunettes pour illustrer le fait d’être aveugle.

Autour du titre central, « quels enjeux et perspectives politiques et publiques de personnes en situation de handicap » plusieurs petits personnages stylisés, représentés dans les mêmes tons de bleu, vert, rose et orange, évoquent différentes formes de participation. À gauche, une personne se dirige vers l’urne avec un haut-parleur dans les mains. Il représente le « handicap invisible ». À droite, une main tenant une longue canne blanche se tient près de l’urne. Plus bas, une personne en fauteuil roulant manuel est représentée de profil. Les cheveux blancs symbolisent l’avancée en âge et les personnes âgées. Un autre personnage représente une personne sourde et signe avec ses mains. Deux personnages avec un casque antibruit lèvent les bras et représentent des handicaps avec une hypersensibilité comme l’autisme. Chacun des personnages porte des lettres ou des blocs pour symboliser la co-construction.

Tout en bas de l’affiche, il y a un QR code à gauche pour accéder au programme. À côté, l’affiche décrit le niveau d’accessibilité de l’événement. Il y aura une interprétation français-anglais, des interprètes en langue des signes française (LSF), une retranscription simultanée, une facilitatrice graphique, une boucle magnétique, un espace de ressourcement, la salle principale et sanitaires seront accessibles de plain-pied. À droite, une petite maison aux formes géométriques orange, rose et blanche illustre une mairie. L’affiche précise que l’événement est organisé par le programme de recherche AUVI, France 2030 et la ville de Lyon.