Recueil Confcap – situation #15 : Une hospitalisation qui aurait pu ne pas être sous contrainte

Auteurs : Philippe Delaplanche, Xavier Mersch et des bénévoles de l’Unafam 78 Yvelines

Contexte de description : La situation  a été rapportée à la délégation UNAFAM des Yvelines. Le nom du protagoniste a été modifié.

***

Mr Pothier  a 45 ans ; il est suivi au CMP depuis longtemps. Il a été hospitalisé plusieurs fois, il vit seul, son studio est dans un état d’incurie épouvantable. Le CMP a été alerté, mais ne fait rien. Mr Pothier s’angoisse de plus en plus car les  voisins se plaignent. Se croyant persécuté, Mr Pothier devient violent envers eux. Il est alors hospitalisé sous contrainte.

Questionnements et pistes d’analyse suscités par la situation :

L’hospitalisation sous contrainte, jamais souhaitable, aurait pu être évitée s’il y avait eu un accompagnement médical et social adéquat de Mr Pothier par le CMP.

Recommandations :

  • Respecter le droit des personnes :
    • la personne a le droit d’être soignée,
    • la personne et son entourage ont le droit d’être écoutés et accompagnés.
    • La liberté de la personne en souffrance psychique est à respecter, mais si ses capacités de jugement sont altérées, l’entourage et les soignants ont le droit et le devoir de la protéger vis-à-vis d’elle-même et de son entourage.
  • Tout le long de la maladie :
    • établir un dialogue confiant entre le soignant et la personne en souffrance
    • écouter l’entourage avec ses questions, ses observations, ses demandes
    • accompagner le malade et son entourage dans la durée
    • vérifier la continuité des soins, et agir rapidement en cas de rupture,
    • former le malade et l’entourage à mieux comprendre les troubles psychiques et mieux y faire face
    • développer l’insertion sociale: GEM, SAVS, SAMSAH
    • orienter l’entourage vers les associations d’usagers et les programmes Profamille, Prospect

Actions à mener :

–  considérer la personne en souffrance psychique comme un acteur de sa vie et de ses soins, respecter sa liberté. La valoriser et l’aider à se prendre en main

–  prendre en compte le dilemme de l’entourage : il est partagé entre le désir de respecter le proche malade et la nécessité de le protéger des dangers liés à sa maladie quand il n’est plus en capacité de discernement. La décision de soins sans consentement est toujours cruciale

–  établir, de façon prioritaire, un accompagnement régulier : médical, social, familial indispensable dès le début et tout au long des troubles psychiques, pour éviter les soins contraints toujours mal vécus, tout en reconnaissant qu’ils sont parfois bénéfiques pour le malade : apaisement, retour au soin, resocialisation

–   créer un partenariat entre le médical et le social.

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