Recueil Confcap – Situation #40 : La question du consentement sous le prisme des affects soignants : le cas d’une contention sur un homme atteint de troubles cognitifs modérés

Auteur : César Meuris, philosophe

Contexte de description : Cette situation fait partie d’une série de cas recueillis lors d’une enquête comparative menée entre la France et la Belgique dans des services gériatriques de soins aigus, dans le cadre d’une thèse de doctorat défendue en novembre 2017 par l’auteur.

Résumé : La situation concerne un patient atteint de la maladie d’Alzheimer (stade modéré) et hospitalisé dans un service gériatrique de soins aigu. Lors de sa prise en charge, ce patient était contentionné de diverses manières contre son gré, et ce notamment en vue de prévenir certains risques de chute. Suite à un événement particulier, l’équipe a décidé de lever les mesures de contention et d’assumer collectivement les conséquences liées à ce choix. Cette situation illustre de manière paradigmatique le travail des affects des soignants dans le respect des volontés et des droits des patients.

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Il s’agissait d’un homme de 82 ans atteint de troubles cognitifs modérés et hospitalisé pour une fracture ouverte du crâne. Lire la suite

Recueil Confcap – Situation #35 : La prise en charge d’un patient dangereux pour autrui et menaçant, refusant les soins psychiatriques

Auteurs :  JS, infirmière en psychiatrie, et JM, cadre supérieur de santé et chercheur en sciences infirmières

Contexte de description : Cette situation provient d’une expérience professionnelle. Le nom du protagoniste a été transformé.

Résumé : Réalité de semaine : Le Bureau de d’Action de Santé Mentale de la ville de P. m’appelle au Centre Médico Psychologique où je travaille en tant que cadre de santé. Il faut intervenir au domicile de M. Parquiet et la police ne peut y aller seule car il s’agit d’une intervention à but sanitaire : « il faut un soignant présent avec eux ». Le psychiatre du CMP pense que la police doit y aller seule car ce patient est avant tout dangereux pour autrui (sachant que de nombreux signalements sont faits pour une intervention depuis plusieurs mois). Mais j’organise quand même avec la police du quartier l’intervention au domicile. Je ne connais pas ce patient mais j’ai peur qu’il commette un acte grave et que ma responsabilité soit engagée.

Au domicile, le patient ouvre sa porte au bout d’un moment à la demande de la police. Celui-ci, s’il se montre très sthénique, n’est ni délirant, ni dissocié. Il refuse notre proposition d’hospitalisation (une ambulance avait été prévue) et de revenir consulter au CMP. Ne se sent plus concerné par (s)ces soins et pense que « c’est tant mieux ». Fin de l’intervention. Le patient reste à son domicile.

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En janvier 2017, un premier signalement est fait au Centre Médico Psychologique (CMP) par la famille de M. Parquiet qui avait été hospitalisé dans nos services en 2015, mais qui restait inconnu des équipes de soins du CMP. Lire la suite