Pré-programme Cap’lab’ du 3/4 octobre

La Cap’lab’ de Paris approche…et le programme se précise. Vous trouverez ci-dessous la version provisoire du pré-programme, qui sera actualisé dans les prochains jours, ainsi que l’argumentaire.

Ancrer l’autonomie de vie comme droit humain : quels imaginaires? Quelles méthodes?

Pré-programme

Lieu : Campus Condorcet

Jeudi 3 octobre : Imaginer les droits humains à partir des handicaps et vulnérabilités

9h15 : Accueil et introductions

9h30-11h : l’imaginaire des droits humains

11h30-13h :  les imaginaires  de l’inclusion

13h-14h : pause

14h : échanges autour des expositions

14h15/15H45 : Explorer l’altérité et accueillir les différences

16h15/17H45 :  Ouvrir des possibles ! De l’utopie à sa concrétisation : création, construction

18h00 Table-ronde ciné-forum (à confirmer)  film Being Michelle puis table-ronde

Vendredi 4 octobre : De l’imaginaire à la méthode

Matin : La démarche Capdroits en transition

9h00-10h30 : la culture de la participation dans Capdroits

11h-midi30 : Les transformations institutionnelles

Après-midi : l’en.quête dans AUVI : vers le kit de co-apprentissage

13h30-15h00 : les méthodes imaginées dans les groupes locaux

15h30-17h00 : concrétiser l’en.quête par les droits humains

Argumentaire

La communauté épistémique Capdroits-AUVI trouve une source importante dans l’actualisation des droits humains que constitue la convention internationale pour les droits des personnes handicapées. Cette actualisation ne va cependant pas de soi. Les critiques envers le langage des droits humains semblent n’avoir jamais été aussi fortes aussi bien dans les discussions académiques et politiques que dans les ressentis partagés par les membres de notre démarche. Les droits humains sont parfois perçus comme abstraits, lointains, décevants ; ils peuvent apparaître comme le véhicule d’un nouveau libéralisme débridé. 

Dans l’optique de mieux ancrer l’autonomie de vie comme droit humain, le projet AUVI fait le pari que les droits humains ne sont pas seulement un instrument, et qu’ils peuvent participer d’une dynamique instituante, en s’articulant à un imaginaire à la fois sensible et démocratique. Ce pari s’inscrit à la fois dans la suite des travaux soulignant les imbrications entre les recompositions de la sensibilité et l’émergence des droits humains (Hunt), mais aussi dans les travaux pragmatistes d’approfondissement démocratique. De ce point de vue, les droits humains ne constituent pas seulement un idéal à appliquer, mais quelque chose qui nécessite de continuer à être imaginé, élaboré, vitalisé.

Un premier axe vise à approfondir ce terme d’imaginaire (des droits humains) et à l’articuler avec d’autres notions porteuses comme celles d’utopie, d’idéal, de quête, mais aussi de la positionner par rapport à des notions plus critiques comme celles d’idéologie ou de virtuel.

Un deuxième axe vise à explorer la dimension sensible de ce terme d’imaginaire. Dans quelle mesure la sensibilité humaine et les productions artistiques aident-elles à imaginer des formes de vie nouvelles ? Il s’agit ici de saisir comment l’expérience des handicaps et des vulnérabilités est productrice de sensibilités ; comment elle peut participer au contraire à limiter cette sensibilité ? La question du récit tient notamment une place particulière.  

Le troisième axe vise à thématiser la question de l’en.quête, à l’articulation de sa dimension épistémologique de posture de recherche et de pratiques méthodologiques de recueil et d’analyse d’enjeux sociaux.Plutôt qu’une utopie substantielle, plutôt que de décrire la société idéale dans laquelle on voudrait vivre, il s’agit ici d’imaginer d’autres possibilités de vie et de développement. 

En somme, nous savons que les droits humains apparaissent parfois comme une utopie abstraite ; nous savons également qu’il y a actuellement des imaginaires du handicap et de la maladie mentale qui sont très pernicieux. C’est précisément pourquoi nous voudrions nous demander ici quelles possibilités ouvre le fait de passer par l’imaginaire, et comment mettre cet imaginaire en acte, vers des droits réels, “palpables”. L’utopie n’est pas envisagée ici comme un horizon idéal, mais comme un outil politique pour transformer le réel. Il peut en effet y avoir un ressourcement dans l’imaginaire, qui permet de réaccéder à un élan, par rapport à un réel qui écrase, par rapport aussi à des imaginaires actuels qui peuvent être stigmatisants et écrasants.

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